about poetry and E.E. Cummings

Je crois que la poésie est le seul mode d’écriture qui puisse me toucher aussi profondément. Ce n’est le cas ni avec le roman, ni les nouvelles, les histoires (mais évidemment, j’aime énormément les romans aussi, et la prose, et les histoires en général) – ce sont les mots, le rythme, quelque chose que je ne sais expliquer et qui me porte. La poésie me rend vivante, et fait vivre en moi quelque chose qu’autrement je ne saurai exister.

 

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Je pense que j’ai eu ma première « épiphanie » poétique à 13 ans. En cours de portugais, ma prof avait déposé sur ma table (parce que je lui avais demandé conseil) une pile de livres pour que je puisse choisir celui qui m’intéressait, et parmi tous ces livres, ces recueils de poèmes j’avais trouvé un recueil de Vinicius de Moraes (grand poète brésilien) Para viver um grande amor. Je me suis dit à ce moment là que si un jour j’arrivais à faire avec les mots ce qu’il avait fait, alors, je serai accomplie. J’ai aussi d’autres objectifs dans la vie aujourd’hui – ma la puissance de la poésie me touche encore d’une façon que je ne saurai décrire.

En fait, malgré tout ça, il y a très peu de poètes qui ont été capables de me toucher de cette façon (même s’il y en a beaucoup que j’aime lire). Je les compte sur les doigts d’une main : Vinicius, Apollinaire, Aragon, Desnos et Cummings.

100 Selected Poems par Cummings

Cummings, c’est le plus récent. Je l’ai rencontré en Licence, en L3. Tout le monde n’aime pas sa façon d’écrire, son style – libre, énigmatique, qui déjoue toutes les conventions. Beaucoup de ses poèmes restent encore un mystère – on ne sait pas ce qu’ils veulent dire. Mais la poésie ne veut rien dire. Elle dit.

E.E Cummings était considéré le « mauvais garçon » de la poésie américaine. Le type de poésie qu’il a créé était implicitement comparé à de l’alcool : une poésie qui trouble les sens du lecteur – que ce soit le sens physique (comme le toucher, etc…), les sentiments, ou la signification.

Mais il y a aussi une question proprement américaine liée à sa poésie. Gilles Deleuze, dans Critique Clinique, décrit l’écrivain américain comme celui pour qui la brisure est la condition de son existence : parce que l’écrivain américain écrit dans une langue qui n’est pas la sienne, et pour s’affranchir de l’anglais britannique il doit tailler dans cette langue une autre langue – et la poésie de Cummings reflète ses préoccupations linguistiques.

Comme d’autres poètes à son époque, tels qu’Apollinaire ou les poètes de l’Oulipo, il a brisé pas mal de tabous de l’écriture, il a brisé le rythme, les mots, les conventions syntaxiques, typographiques, lexiques et grammaticales: ses poèmes possèdent une grande liberté – et c’est ce qui m’attire dans son écriture. Ses mots ne sont emprisonnés par aucune règle : ils sont libres d’exprimer tout leur potentiel. Et Cummings relève ici le défi de rendre poétique ce qui ne l’avait jamais été avant. J’aime sa façon de jouer avec les mots. Et ce que j’aime c’est que pour jouer avec les mots, et « transgresser » les formes canoniques, il faut bien les connaître – et les maîtriser, et on sent cette maîtrise aussi dans sa poésie. Briser les conventions poétiques ne signifie par nécessairement les mépriser – j’aimerais d’ailleurs parler plus de « dépassement » de la forme, que de vraie brisure. Il va plus loin.

Ceux qui aiment les mots, la poésie, les défis – lisez Cummings.

“next to of course god america i
love you land of the pilgrims’ and so forth oh
say can you see by the dawn’s early my
country ’tis of centuries come and go
and are no more what of it we should worry
in every language even deafanddumb
thy sons acclaim your glorious name by gorry
by jingo by gee by gosh by gum
why talk of beauty what could be more beaut-
iful than these heroic happy dead
who rushed like lions to the roaring slaughter
they did not stop to think they died instead
then shall the voice of liberty me mute ?”

He spoke. And drank a glass of water

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An old-fashioned girl, Louisa May Alcott

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41q1h7c2ytlL’auteur: Louisa May Alcott est née à Germantown, Pennsylvania, en 1832. Elle a été élévé avec ses trois soirs par son père, le philosophe Branson Alcott, sa mère Abigail May. Parmis les personnalités qui ont eu une influence sur sa vie, et son écriture, il y a Emerson et Thoreau, des amis proches de son père. A l’âge de 15 ans, troublée par la pauvreté de sa famille elle décide de travailler pour les aider et s’exclame, comme son personnage Jo March le fera par la suite: « I will do something by and by. Don’t care what, teach, sew, act, write, anything to help the family; and I’ll be rich and famous and happy before I die, see if I won’t! » En tout, Louisa a publié 30 livres et recueils d’histoires, avant de décéder en 1888.

Le livre: La vie change pour Polly Milton quand elle quitte sa maison à la campagne pour aller rendre visite à ses cousins dans la grande ville. Sa naïveté et sa simplicité embarrassent ses cousins sophistiqués et habitués aux moeurs de la societé. Elle n’est pas comme eux, et ne sait pas si elle veut l’être. Mais sera-t-elle capable de profiter de la vie dans une grande ville sans changer?

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La couleur des sentiments, Kathryn Stockett

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.

Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui la élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.
Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

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Trois femmes, trois vies différentes: Skeeter, jeune femme de 22 ans qui revient à la maison après avoir obtenu son diplôme, et qui rêve d’écrire. Mais nous sommes en 1962, dans le Mississippi, et sa mère n’aura de repos tant qu’elle ne sera pas mariée.

Ensuite, il y a Aibileen, une bonne noire dans une famille blanche. Quelque chose s’est brisé en elle après la mort de son fils… Et il y aussi Minny, la meilleure amie d’Aibileen, petite, ronde, avec la langue la plus affutée de tout l’Etat ! – et n’oublions pas, bien sûr, son fameux gâteau au chocolat, qui aura lui aussi son rôle dans l’histoire !

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