The way we live now, Anthony Trollope

L’expérience était la suivante : Au 1er semestre de l’année dernière, pour mon M2, je suis partie en Erasmus à Londres, et j’ai dû lire ce livre pour l’un de mes cours qui s’intitulait « On speed : accelerating culture since the 19th century ». Le but de ce séminaire était d’étudier comment les nouvelles technologies, et le nouveau rapport à la vitesse et au temps depuis le 19ème siècle a influencé l’art et l’esthétique, ainsi que la littérature et toute la société. Dans le programme, chaque semaine il y avait une liste de lecture en fonction d’un thème précis (de l’impact du train, à l’impact de la télévision, en passant par le télégraphe, le téléphone, la voiture, etc…). Paris tous ces textes, il y avait un roman qu’il s’agissait de lire tout le le long du semestre: The way we live now (Quelle époque!  en français) :

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The Water-Babies, Charles Kingsley

Il y a une semaine, le 16 septembre 2016 j’ai soutenu mon mémoire de M2 sur la littérature pour la jeunesse à l’époque Victorienne, et plus particulièrement sur The Water-Babies. J’ai attendu longtemps avant de pouvoir commenter ce livre. Je voulais en effet finir mon mémoire, le soutenir, et tourner en quelque sorte une page sur cette année que j’ai passée penché sur ce livre.

Il s’agit d’un conte de fées. C’est un livre très étrange, en fait. Mélange de conte de fée et mythes et débats scientifiques au 19e sicèle sur l’évolution des espèces: la première lecture est assez difficile, sachant que c’est censé être un livre pour enfants, et que Charles Kingsley l’a écrit pour le plus jeune de ses fils; mais au bout de la deuxième voir troisième lecture on se rend compte de la richesse de ce conte, que ce soit au niveau des mots ou de la féerie!

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Tom est un enfant ramoneur, qui travaille pour un maître assez dur et méchant. Il n’a jamais reçu aucune éducation : il ne sait ni lire ni écrire, il ne se lave pas très souvent, et il connaît beaucoup trop de gros mots pour son âge. Un jour, alors qu’il était en train de nettoyer les cheminé d’une grande maison, il entre par hasard dans la chambre d’une jeune fille, et est pris pour un voleur. Alors qu’il s’enfuit à travers la campagne il tombe dans une rivière et se noie et… eh bien. Là est toute la question. Une fois tombé dans la rivière il est transformé par les fées en un enfant de l’eau (water-baby), créature mis-garçon, mi-poisson. Mais on ne sait jamais vraiment s’il est seulement transformé, ou si sa nouvelle vie au fond de l’eau est en fait une sorte de vie après la mort. En tout cas, après sa transformation, il va découvrir tout un monde insoupçonné sous l’eau, avec beaucoup d’aventures.

Ce que j’ai trouvé vraiment intéressant dans ce conte (et c’était en fait la deuxième partie de mon mémoire) c’est l’intérêt porté à la question de ce que c’est qu’être un homme – pas seulement en général, dans le sens d’humanité, mais aussi dans le sens de masculinité. Qu’est-ce que qu’être un homme – dans le sens de « être humain » et « masculin » ? Qu’est-ce que devenir adulte, et comment ? Au fond donc, il s’agit d’une quête initiatique.

A ma connaissance il n’y a aucune traduction de ce livre en français, ce qui est fort dommage. C’est vraiment un livre magnifique. Kingsley joue avec les mots et les expressions et la culture de l’époque d’une façon tout à fait anglaise, et même si une grande partie de l’histoire reste trop compliquée pour un enfant ou pour un adulte non initié à la biologie marine et aux grands débats scientifiques du 19e siècle – comme moi – c’est une vraie pépite !

Ceux qui n’ont pas peur de lire en anglais, allez y ! Et si quelqu’un connaît une traduction française de ce livre je suis tout ouïe !

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